Contre la libéralisation des droits de plantation

C'est toujours un peu gênant de se définir contre quelque chose. Je préfère m'exprimer pour des valeurs ou faire partager mes propositions!; en l'occurence il ne s'agit ici que d'être contre une mesure pour laquelle la France a voté et contre laquelle cette même France lutte désormais. Au passage il faut souligner qu'il fut bien plus facile pour les institions européennes de contourner le non français au référundum sur la constitution que de revenir sur une question technique faisant quasiment consensus mais contre laquelle lutte le lobby des négociants.

 

De quoi s'agit-il ? En 2008, à l'époque où la libéralisation de toutes les pratiques commerciales et officielles étaient encore à la mode, un article  est passé inaperçu à Bruxelles qui visait à supprimer le contingentement des droits de plantation au niveau européen. Cela signifie que quiconque voudra planter de la vigne pourra le faire n'importe où. Si cela était mis en pratique, cela signifierait que les grands groupes pourraient  planter de gigantesques parcelles en plaine pour remplir leurs cuves de 1000 hl et plus et ainsi conduire la viticulture sur la voie de l'industrialisation; à l'opposé les petites structures dont la richesse était constituée par un patrimoine foncier chèrement acquis et dont les ventes de vrac contribuaient pour une part non négligeable du chiffre d'affaire risqueraient avec ces nouvelles lois de sombrer en raison d'une chute de la valeur de leur terre mais aussi par l'assèchement du marché du vrac. Car l'objectif du négoce est de concentrer son modèle verticalement et d'asurer à la fois la maitrise de la production et de la vente. C'est en plus gros le modèle du vigneron indépendant à la différence notoire que ce dernier n'empêche personne de vivre pour gagner lui-même sa croûte. 

Ainsi une simple mesure d'allure administrative et passée en cachette en 2008, fait l'objet d'un rétropédalage des autorités françaises (et de nombreux autres pays), qui prennent maintenant conscience des conséquences sociales, économiques et environnementales de cette éventuelle libéralisation.

Toutes les instances viticole sont en émoi et si cette mesure est confirmée, il faudra compter sur l'amour des amateurs pour le travail indépendant, pour les goûts originaux et espérer que le matraquage marketé des grands groupes n'efface ces vins de nos mémoires.

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