BLOG du vigneron

dans les vignes du château de Sauvage pour le POINT primeur édition 2015
Vincent Dubourg château de Sauvage Graves

L'esthétique végétale

Une des règles prônées par la permaculture consiste à observer pour mieux interagir avec son environnement. Observer c'est regarder longuement sans idée préconçue sinon celle de laisser son regard se porter sur un détail ou un ensemble de ce qui se trouve autour de soi. A force d'attention, consciente ou non, des intuitions peuvent surgir, des vérités se réveler mais aussi une esthétique devenir évidente. Il peut s'agir entre autre de l'esthétique végétale.

Quand je roule sur la RD1113, l'ancienne nationale Bordeaux-Toulouse, je peux distinguer furtivement des cultures, des arbres dans les jardins mais sauf à risquer l'accident tout cela est trop fugace pour laisser une forte impression. En revanche l'accumulation des signes de nos constructions industrielles est tellement concentrée au bord de la route, qu'une esthétique de la modernité s'en dégage. Les abords des villes sont parsemés de hangars métalliques, de formations parallépipédiques peintes sans nuance avec des couleurs crues et agressives. Constamment, il faut se focaliser sur la route et donc voir des véhicules, eux mêmes recouverts de peinture aux tons monotones sans aucune nuance. Beaucoup d'entre nous n'ont que rarement l'occasion de marcher sur des chemins ruraux et n'enpruntent que des routes ou des rues et sont donc constamment soumis à cette vision de la voiture ou du camion qui finit par façonner leur regard. Nombre de nos contemporains sont d'ailleurs amateurs du design, cet art de l'objet qui construit l'esthétique de notre civilisation.

Tout cela je l'oublie quand je vagabonde dans ma clairière viticole nichée entre le chai et la fôret. Dans ce cadre là, la civilisation est encore présente puisque les rangs de vigne rappellent par leur rectitude l'action de l'homme qui aime tirer des traits et faire des angles droits. Cependant l'impression qui domine est l'enchâssement de la vigne par des bois dont les cimes surplombent dans toutes les directions les bordures. Ce paysage en construction est désormais entrecoupé de rangées de frutiers aux silhouettes encore grêles, de quelques arbres épars au bord du près , de ronciers d'où émergent quelques aubépines. Des segments de haies sèches ou vives rompent la monotonie des alternances de parcelles. Certains espaces sont ouverts et simplement recouvert d'une végétation encore rase. Ce paysage est apaisant et accueille une immense variété de coloris nuancés à l'infini du vert tendre au jaune paille, du gris au brun, du brun au fauve.

Mais nous n'y sommes pas encore, l'esthétique d'un paysage abrite en son sein des briques végétales complexes constituées de feuilles, de fruits appelés drupes ou akènes, de tiges plus ou moins cespiteuses, de pédoncules plus ou moins longs, de branches plus ou moins ramifiées. Et si l'on observe de plus près les structures végétales, celles-ci sont encore plus fascinantes avec les nervures des feuilles, le grain des surfaces, la transparence des tissus, sans compter la vie animale qui parsème tout cela, des plus microscopiques individus jusqu'aux oiseaux qui volent d'un piquet à une branche, d'une lisière à l'autre.

Point n'est besoin de créer dans cadre là mais d'accompagner, de guider la vie pour notre service tout en lui laissant une grande part de liberté.  Il faut bien un peu de fil de fer, quelques clous, une gaine en plastique pour se garder des chevreuils, la civilisation moderne apporte son aide mais doit rester discrète et laisser l'esthétique végétale imposer sa complexité et sa beauté. Evidemment, un tracteur bruyant viendra rompre cette belle harmonie de temps à autre, c'est un mal nécessaire et qu'il faut savoir limiter le plus possible. Laissant l'herbe pousser dans les rangs, son usage a déjà bien diminué ces dernières années.

Toutes celles et ceux qui ont la chance de pouvoir être entourés au quotidien d'une présence végétale le savent, cela apaise, climatise, embaume, protège et nourrit. Mais bien plus encore cela façonne une esthétique imperturbable, indémodable dont l'immobilité n'est qu'apparente car quiconque fait pousser des plantes sait qu'il y a aussi une immense joie à voir surgir les structures des plantes depuis une graine ou un bourgeon, tout comme il est fabuleux de voir se développer un animal depuis l'union de deux cellules.

Le monde rural n''est pas qu'un gisement à exploiter pour fournir du bois ou du gravier, des légumes, de la viande ou des fruits, c'est aussi un cadre éminemment agréable pour le regard humain. Si le citadin éprouve régulièrement le besoin de partir à la campagne ou à la montagne, c'est bien qu'il y a cet appel qui s'impose de temps à autre pour quitter la verticalité urbaine et retrouver un étagement horizontal de strates végétales, pour voir se succéder plusieurs plans à l'horizon, pour s'asseoir dans l'herbe et voir divaguer des hannetons, voler des libéllules, sauter des cicadelles et circuler des fourmis . Rien ne sera plus confondant que le vert tendre d'une feuille juvenile, rien de plus émouvant que la fleur qui s'ouvre et s'offre aux insectes butineurs.

Il y a une ésthétique du végétal, elle est là autour de nous et si elle ne domine pas en ville, elle reste présente et accessible partout à des degrés divers. Il faut la chérir et profiter de ses bienfaits qui sont et resteront gratuits pour qui saura les apprécier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'esthétique végétale

Une des règles prônées par la permaculture consiste à observer pour mieux interagir avec son environnement. Observer c'est regarder longuement sans idée préconçue sinon celle de laisser son regard se porter sur un détail ou un ensemble de ce qui se trouve autour de soi. A force d'attention, consciente ou non, des intuitions peuvent surgir, des vérités se réveler mais aussi une esthétique devenir évidente. Il peut s'agir entre autre de l'esthétique végétale.

Quand je roule sur la RD1113, l'ancienne nationale Bordeaux-Toulouse, je peux distinguer furtivement des cultures, des arbres dans les jardins mais sauf à risquer l'accident tout cela est trop fugace pour laisser une forte impression. En revanche l'accumulation des signes de nos constructions industrielles est tellement concentrée au bord de la route, qu'une esthétique de la modernité s'en dégage. Les abords des villes sont parsemés de hangars métalliques, de formations parallépipédiques peintes sans nuance avec des couleurs crues et agressives. Constamment, il faut se focaliser sur la route et donc voir des véhicules, eux mêmes recouverts de peinture aux tons monotones sans aucune nuance. Beaucoup d'entre nous n'ont que rarement l'occasion de marcher sur des chemins ruraux et n'enpruntent que des routes ou des rues et sont donc constamment soumis à cette vision de la voiture ou du camion qui finit par façonner leur regard. Nombre de nos contemporains sont d'ailleurs amateurs du design, cet art de l'objet qui construit l'esthétique de notre civilisation.

Tout cela je l'oublie quand je vagabonde dans ma clairière viticole nichée entre le chai et la fôret. Dans ce cadre là, la civilisation est encore présente puisque les rangs de vigne rappellent par leur rectitude l'action de l'homme qui aime tirer des traits et faire des angles droits. Cependant l'impression qui domine est l'enchâssement de la vigne par des bois dont les cimes surplombent dans toutes les directions les bordures. Ce paysage en construction est désormais entrecoupé de rangées de frutiers aux silhouettes encore grêles, de quelques arbres épars au bord du près , de ronciers d'où émergent quelques aubépines. Des segments de haies sèches ou vives rompent la monotonie des alternances de parcelles. Certains espaces sont ouverts et simplement recouvert d'une végétation encore rase. Ce paysage est apaisant et accueille une immense variété de coloris nuancés à l'infini du vert tendre au jaune paille, du gris au brun, du brun au fauve.

Mais nous n'y sommes pas encore, l'esthétique d'un paysage abrite en son sein des briques végétales complexes constituées de feuilles, de fruits appelés drupes ou akènes, de tiges plus ou moins cespiteuses, de pédoncules plus ou moins longs, de branches plus ou moins ramifiées. Et si l'on observe de plus près les structures végétales, celles-ci sont encore plus fascinantes avec les nervures des feuilles, le grain des surfaces, la transparence des tissus, sans compter la vie animale qui parsème tout cela, des plus microscopiques individus jusqu'aux oiseaux qui volent d'un piquet à une branche, d'une lisière à l'autre.

Point n'est besoin de créer dans cadre là mais d'accompagner, de guider la vie pour notre service tout en lui laissant une grande part de liberté.  Il faut bien un peu de fil de fer, quelques clous, une gaine en plastique pour se garder des chevreuils, la civilisation moderne apporte son aide mais doit rester discrète et laisser l'esthétique végétale imposer sa complexité et sa beauté. Evidemment, un tracteur bruyant viendra rompre cette belle harmonie de temps à autre, c'est un mal nécessaire et qu'il faut savoir limiter le plus possible. Laissant l'herbe pousser dans les rangs, son usage a déjà bien diminué ces dernières années.

Toutes celles et ceux qui ont la chance de pouvoir être entourés au quotidien d'une présence végétale le savent, cela apaise, climatise, embaume, protège et nourrit. Mais bien plus encore cela façonne une esthétique imperturbable, indémodable dont l'immobilité n'est qu'apparente car quiconque fait pousser des plantes sait qu'il y a aussi une immense joie à voir surgir les structures des plantes depuis une graine ou un bourgeon, tout comme il est fabuleux de voir se développer un animal depuis l'union de deux cellules.

Le monde rural n''est pas qu'un gisement à exploiter pour fournir du bois ou du gravier, des légumes, de la viande ou des fruits, c'est aussi un cadre éminemment agréable pour le regard humain. Si le citadin éprouve régulièrement le besoin de partir à la campagne ou à la montagne, c'est bien qu'il y a cet appel qui s'impose de temps à autre pour quitter la verticalité urbaine et retrouver un étagement horizontal de strates végétales, pour voir se succéder plusieurs plans à l'horizon, pour s'asseoir dans l'herbe et voir divaguer des hannetons, voler des libéllules, sauter des cicadelles et circuler des fourmis . Rien ne sera plus confondant que le vert tendre d'une feuille juvenile, rien de plus émouvant que la fleur qui s'ouvre et s'offre aux insectes butineurs.

Il y a une ésthétique du végétal, elle est là autour de nous et si elle ne domine pas en ville, elle reste présente et accessible partout à des degrés divers. Il faut la chérir et profiter de ses bienfaits qui sont et resteront gratuits pour qui saura les apprécier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'esthétique végétale

Une des règles prônées par la permaculture consiste à observer pour mieux interagir avec son environnement. Observer c'est regarder longuement sans idée préconçue sinon celle de laisser son regard se porter sur un détail ou un ensemble de ce qui se trouve autour de soi. A force d'attention, consciente ou non, des intuitions peuvent surgir, des vérités se réveler mais aussi une esthétique devenir évidente. Il peut s'agir entre autre de l'esthétique végétale.

Quand je roule sur la RD1113, l'ancienne nationale Bordeaux-Toulouse, je peux distinguer furtivement des cultures, des arbres dans les jardins mais sauf à risquer l'accident tout cela est trop fugace pour laisser une forte impression. En revanche l'accumulation des signes de nos constructions industrielles est tellement concentrée au bord de la route, qu'une esthétique de la modernité s'en dégage. Les abords des villes sont parsemés de hangars métalliques, de formations parallépipédiques peintes sans nuance avec des couleurs crues et agressives. Constamment, il faut se focaliser sur la route et donc voir des véhicules, eux mêmes recouverts de peinture aux tons monotones sans aucune nuance. Beaucoup d'entre nous n'ont que rarement l'occasion de marcher sur des chemins ruraux et n'enpruntent que des routes ou des rues et sont donc constamment soumis à cette vision de la voiture ou du camion qui finit par façonner leur regard. Nombre de nos contemporains sont d'ailleurs amateurs du design, cet art de l'objet qui construit l'esthétique de notre civilisation.

Tout cela je l'oublie quand je vagabonde dans ma clairière viticole nichée entre le chai et la fôret. Dans ce cadre là, la civilisation est encore présente puisque les rangs de vigne rappellent par leur rectitude l'action de l'homme qui aime tirer des traits et faire des angles droits. Cependant l'impression qui domine est l'enchâssement de la vigne par des bois dont les cimes surplombent dans toutes les directions les bordures. Ce paysage en construction est désormais entrecoupé de rangées de frutiers aux silhouettes encore grêles, de quelques arbres épars au bord du près , de ronciers d'où émergent quelques aubépines. Des segments de haies sèches ou vives rompent la monotonie des alternances de parcelles. Certains espaces sont ouverts et simplement recouvert d'une végétation encore rase. Ce paysage est apaisant et accueille une immense variété de coloris nuancés à l'infini du vert tendre au jaune paille, du gris au brun, du brun au fauve.

Mais nous n'y sommes pas encore, l'esthétique d'un paysage abrite en son sein des briques végétales complexes constituées de feuilles, de fruits appelés drupes ou akènes, de tiges plus ou moins cespiteuses, de pédoncules plus ou moins longs, de branches plus ou moins ramifiées. Et si l'on observe de plus près les structures végétales, celles-ci sont encore plus fascinantes avec les nervures des feuilles, le grain des surfaces, la transparence des tissus, sans compter la vie animale qui parsème tout cela, des plus microscopiques individus jusqu'aux oiseaux qui volent d'un piquet à une branche, d'une lisière à l'autre.

Point n'est besoin de créer dans cadre là mais d'accompagner, de guider la vie pour notre service tout en lui laissant une grande part de liberté.  Il faut bien un peu de fil de fer, quelques clous, une gaine en plastique pour se garder des chevreuils, la civilisation moderne apporte son aide mais doit rester discrète et laisser l'esthétique végétale imposer sa complexité et sa beauté. Evidemment, un tracteur bruyant viendra rompre cette belle harmonie de temps à autre, c'est un mal nécessaire et qu'il faut savoir limiter le plus possible. Laissant l'herbe pousser dans les rangs, son usage a déjà bien diminué ces dernières années.

Toutes celles et ceux qui ont la chance de pouvoir être entourés au quotidien d'une présence végétale le savent, cela apaise, climatise, embaume, protège et nourrit. Mais bien plus encore cela façonne une esthétique imperturbable, indémodable dont l'immobilité n'est qu'apparente car quiconque fait pousser des plantes sait qu'il y a aussi une immense joie à voir surgir les structures des plantes depuis une graine ou un bourgeon, tout comme il est fabuleux de voir se développer un animal depuis l'union de deux cellules.

Le monde rural n''est pas qu'un gisement à exploiter pour fournir du bois ou du gravier, des légumes, de la viande ou des fruits, c'est aussi un cadre éminemment agréable pour le regard humain. Si le citadin éprouve régulièrement le besoin de partir à la campagne ou à la montagne, c'est bien qu'il y a cet appel qui s'impose de temps à autre pour quitter la verticalité urbaine et retrouver un étagement horizontal de strates végétales, pour voir se succéder plusieurs plans à l'horizon, pour s'asseoir dans l'herbe et voir divaguer des hannetons, voler des libéllules, sauter des cicadelles et circuler des fourmis . Rien ne sera plus confondant que le vert tendre d'une feuille juvenile, rien de plus émouvant que la fleur qui s'ouvre et s'offre aux insectes butineurs.

Il y a une ésthétique du végétal, elle est là autour de nous et si elle ne domine pas en ville, elle reste présente et accessible partout à des degrés divers. Il faut la chérir et profiter de ses bienfaits qui sont et resteront gratuits pour qui saura les apprécier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une des règles prônées par la permaculture consiste à observer pour mieux interagir avec son environnement. Observer c'est regarder longuement sans idée préconçue sinon celle de laisser son regard se porter sur un détail ou un ensemble de ce qui se trouve autour de soi. A force d'attention, consciente ou non, des intuitions peuvent surgir, des vérités se réveler mais aussi une esthétique devenir évidente. Il peut s'agir entre autre de l'esthétique végétale.

Quand je roule sur la RD1113, l'ancienne nationale Bordeaux-Toulouse, je peux distinguer furtivement des cultures, des arbres dans les jardins mais sauf à risquer l'accident tout cela est trop fugace pour laisser une forte impression. En revanche l'accumulation des signes de nos constructions industrielles est tellement concentrée au bord de la route, qu'une esthétique de la modernité s'en dégage. Les abords des villes sont parsemés de hangars métalliques, de formations parallépipédiques peintes sans nuance avec des couleurs crues et agressives. Constamment, il faut se focaliser sur la route et donc voir des véhicules, eux mêmes recouverts de peinture aux tons monotones sans aucune nuance. Beaucoup d'entre nous n'ont que rarement l'occasion de marcher sur des chemins ruraux et n'enpruntent que des routes ou des rues et sont donc constamment soumis à cette vision de la voiture ou du camion qui finit par façonner leur regard. Nombre de nos contemporains sont d'ailleurs amateurs du design, cet art de l'objet qui construit l'esthétique de notre civilisation.

Tout cela je l'oublie quand je vagabonde dans ma clairière viticole nichée entre le chai et la fôret. Dans ce cadre là, la civilisation est encore présente puisque les rangs de vigne rappellent par leur rectitude l'action de l'homme qui aime tirer des traits et faire des angles droits. Cependant l'impression qui domine est l'enchâssement de la vigne par des bois dont les cimes surplombent dans toutes les directions les bordures. Ce paysage en construction est désormais entrecoupé de rangées de frutiers aux silhouettes encore grêles, de quelques arbres épars au bord du près , de ronciers d'où émergent quelques aubépines. Des segments de haies sèches ou vives rompent la monotonie des alternances de parcelles. Certains espaces sont ouverts et simplement recouvert d'une végétation encore rase. Ce paysage est apaisant et accueille une immense variété de coloris nuancés à l'infini du vert tendre au jaune paille, du gris au brun, du brun au fauve.

Mais nous n'y sommes pas encore, l'esthétique d'un paysage abrite en son sein des briques végétales complexes constituées de feuilles, de fruits appelés drupes ou akènes, de tiges plus ou moins cespiteuses, de pédoncules plus ou moins longs, de branches plus ou moins ramifiées. Et si l'on observe de plus près les structures végétales, celles-ci sont encore plus fascinantes avec les nervures des feuilles, le grain des surfaces, la transparence des tissus, sans compter la vie animale qui parsème tout cela, des plus microscopiques individus jusqu'aux oiseaux qui volent d'un piquet à une branche, d'une lisière à l'autre.

Point n'est besoin de créer dans cadre là mais d'accompagner, de guider la vie pour notre service tout en lui laissant une grande part de liberté.  Il faut bien un peu de fil de fer, quelques clous, une gaine en plastique pour se garder des chevreuils, la civilisation moderne apporte son aide mais doit rester discrète et laisser l'esthétique végétale imposer sa complexité et sa beauté. Evidemment, un tracteur bruyant viendra rompre cette belle harmonie de temps à autre, c'est un mal nécessaire et qu'il faut savoir limiter le plus possible. Laissant l'herbe pousser dans les rangs, son usage a déjà bien diminué ces dernières années.

Toutes celles et ceux qui ont la chance de pouvoir être entourés au quotidien d'une présence végétale le savent, cela apaise, climatise, embaume, protège et nourrit. Mais bien plus encore cela façonne une esthétique imperturbable, indémodable dont l'immobilité n'est qu'apparente car quiconque fait pousser des plantes sait qu'il y a aussi une immense joie à voir surgir les structures des plantes depuis une graine ou un bourgeon, tout comme il est fabuleux de voir se développer un animal depuis l'union de deux cellules.

Le monde rural n''est pas qu'un gisement à exploiter pour fournir du bois ou du gravier, des légumes, de la viande ou des fruits, c'est aussi un cadre éminemment agréable pour le regard humain. Si le citadin éprouve régulièrement le besoin de partir à la campagne ou à la montagne, c'est bien qu'il y a cet appel qui s'impose de temps à autre pour quitter la verticalité urbaine et retrouver un étagement horizontal de strates végétales, pour voir se succéder plusieurs plans à l'horizon, pour s'asseoir dans l'herbe et voir divaguer des hannetons, voler des libéllules, sauter des cicadelles et circuler des fourmis . Rien ne sera plus confondant que le vert tendre d'une feuille juvenile, rien de plus émouvant que la fleur qui s'ouvre et s'offre aux insectes butineurs.

Il y a une ésthétique du végétal, elle est là autour de nous et si elle ne domine pas en ville, elle reste présente et accessible partout à des degrés divers. Il faut la chérir et profiter de ses bienfaits qui sont et resteront gratuits pour qui saura les apprécier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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