Si on parlait de 2013 ? Après coup.

Peut-être faudrait-il plus parler des belles portes ouvertes 2013 dont les démonstrations de jonglage et les performances d'équilibre de toute sorte (dont une échelle sur le menton mémorable) ont égayé les deux jours plutôt que d'égréner toutes les difficultés rencontrées cette saison. 

Néanmoins étant adepte d'un discours clair depuis l'ouverture de ces carnets, je vais donc résumer les aléas rencontrés.

28 avril , un petit gel réduit à néant les cabernets-sauvignons, les petits-verdots et une partie des sauvignons et des merlots. Conséquence, une décallage de matûrité de plus de 15 jours lors des vendanges.

Printemps, des pluies régulières lors de la fleur des merlots amputent la récolte sérieusement par l'effet de la coulure et du millerandage.

3 octobre, un orage de grêle abîme les cabernets-sauvignons et la deuxième trie des moelleux. on compte sur chaque grappe un nombre variable de raisins éclatés qu'il faudra trier sur pied à la récolte.

Vendanges 2013 : excepté pour les deux premières semaines de septembre, la météo est pluvieuse voire orageuse avec des cumuls de plus de 20 mm parfois par épisode pluvieux.

 

Que faire avec cela ? 

Premièrement, j'ai décidé dès la fin juillet de ne plus travailler les sols pour laisser le couvert végétal naturel recouvrir les rangs et absorber les éventuelles pluies d'automne puisque à cette époque nous savions déjà que les vendanges seraient tardives et donc potentiellement pluvieuses. 

Ensuite, l'effeuillage manuel s'est étalé au cous de tout l'été puisque quelques épisodes caniculaires empêchaient de laisser trop fortement les raisins exposés au soleil. L'effeuillage complet fut achevé 3 semaines avant les vendanges empêchant toute repousse lors de la cueillette et laissant le maximum de feuilles pour la photosynthèse au plus près de la récolte.

Enfin, les vendanges furent étalées sur tout le mois d'octobre laissant à chaque cépage le plus de temps possible pour mûrir et les efforts de tri furent draconiens pour éliminer les grains pourris surtout dans les merlots. Les secs furent récoltés uniquement avec les raisins sains et du coup la quantité produite fut ridicule (7hl).

Les efforts furent poursuivis au chai, placant les petits volumes dans de petites cuves parfois acquises pour l'occasion. Les rouges furent même en partie vinifiés en barrique (fond ouvert ! ).

A ce prix, 2013 conserve des caractéristiques classiques pour un millésime pourtant exceptionnellement difficile. La couleur est présente et le fruit aussi grâce aux petits rendements et à un tri particulièrement soigné sur table (baies non mûres retirées). Il reste une acidité supérieure à la moyenne qui nous rappelle un peu 2007 et nous laisse penser que 2013 sera un millésime de garde moyenne mais dont l'expression favorable risque d'être atteinte entre 3 et 4 ans d'âge. En effet, il lui faudra mûrir au chai et en bouteille avant d'être commercialisé et les conseils de garde pour la clientèle seront bien précis. 

Tout millésime possède sa période de grâce, elle est plus ou moins précoce et plkus ou moins longue. Je pense que 2013 aura son heure de gloire, mais qu'elle sera relativement courte par rapport à ses illustres prédécesseurs (9,10,12) et aux plus contrastés, en fonction des cépages, millésimes 08 et 11.

Soyez curieux et goutez les 2013 d'ici trois ans pour les rouges et 2 ans pour les blancs. 

Un mot pour les moelleux, ils sont véritablement moelleux cette année c'est-à-dire pas de faux liquoreux. Le pourri était là, difficilement concentrable, on en a fait un authentique Graves Supérieures avec du botrytis et une petite liqueur. Autrement dit, il tiendra bien sa place en apéritif sur les tables d'été ou sur les comptoirs de bars à vin.

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