Le millésime 2012 ? Le négatif de 2011

Qu'est-ce à dire ? Il ne s'agit pas de discriminer un millésime plutôt qu'un autre mais plutôt d'essayer de tirer des enseignements liées aux différences climatiques entre les deux années 2011 et 2012.

Premier constat : Les saisons sur le plan pluviométriques ont été marquées en 2011 par un printemps sec et un été humide alors que 2012 a vu une situation inverse avec un printemps pluvieux et un été secissime. En revanche l'arrière saison a été dans les deux cas fort favorable pour pousser les maturités jusqu'au bout.

Deuxième constat : Pour lutter contre les maladies, mieux vaut avoir un printemps sec mais ce n'est pas le facteur essentiel de la qualité finale, sauf lorsque l'on perd pied et que le mildiou fait rompre les digues d'une lutte toujours à la limite du dosage "homéopathique", respect des sols et des plantes oblige. Dans ce domaine donc avantage à 2011.

Troisième constat : Les cépages rouges ont marqués leur préférence chacun pour un modèle différent ce qui n'est pas original mais souligne bien l'intérêt de l'assemblage à Bordeaux. En clair, 2011 fut une année Cabernet d'anthologie tandis que 2012 fut plus classiquement une année Merlot.

Quatrième constat : Les blancs secs ont préféré 2012, plus classique pour l'alimentation hydrique de la vigne tandis que 2011 a permis aux raisins de pourrir plus facilement (pluies tardives d'été) et aux dégrés de monter  pour les liquoreux.

 

En conclusion, alors que la vérité n'est pas encore sortie des chais, puisque goûter un millésime à peine sorti de fermentation ne sert pas à grand chose, il est flagrant de constater que 2012 a été un peu comme le négatif photographique de 2011. Ceci ne le rend pas meilleur ou moins bon mais simplement fait ressortir à l'instar d'une image dont on inverse les noir et les blancs, des qualités cachées chez l'un et évidentes chez l'autre. 2011 puise son originalité dans une concentration exceptionnellle des Cabernet-Sauvignons, 2012 a réussi l'exploit de faire de Merlots d'une couleur incroyable, 2011 fut une année à liquoreux et 2012 une année de grands blancs secs. 

On ne peut pas tout réussir tous les ans, tout juste tire t-on le meilleur parti des atouts d'un millésime pour lui donner un caractère propre, remède contre la monotonie et reflet du poteniel d'émerveillement procuré par le mariage de la culture avec la nature.

Quant à la photo mise en illustration, elle vise à rappeler que la terre est basse et que l'absence de recours aux herbicides implique une implication physique pour que la vigne reste la reine des Graves.

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