Vin de Paris, vin de province

ou comment tordre le coup aux habitudes lexicales

Travaillant souvent seul, il m'arrive de pouvoir concilier mon activité avec l'écoute de la radio. Sans négliger l'intérêt de quelques radios locales, mes goûts me portent plutôt vers l'éclectisme des stations nationales et publiques. Tout en appréciant le ton des émissions, je suis souvent agacé par l'utilisation de ce concept suranné de "province", rappelant le fameux titre de l'ouvrage (non lu) du géographe Gravier, Paris et le désert français, publié initialement en 1947. La province c'est ce désert décrit par Gravier, c'est tout le reste, hors de Paris  et dans l'esprit de celui qui l'emploi c'est une sorte de campagne uniforme, toujours en retard d'une révolution et tout juste bonne pour aller s'aérer quelques fois par an car malgré tout on lui reconnait généralement la pureté réelle ou supposée de son air.

Alors, je me suis amusé à prendre cette posture pour le vin et imaginez donc ce que cela pourrait donner. 

 

La France et ses 365 fromages, son vin de Paris, issu de l'illustre bute Montmartre et qui régale les plus fins amateurs, la France produit aussi en province un vin rouge tantôt léger tantôt puissant , parfois rouge et parfois blanc, mais toujours authentiquement français.

 

Le vin de Province sent bon le terroir, certes il n'a pas la finesse du vin de Paris, mais on en trouve de bons malgré tout et ce parfois en grande quantité, tant et si bien qu'on en importe à Paris, où les restaurant spécialisés dans les cuisines locales en placent sur leur carte aux côtés des inégalables vins de Paris. 

 

Tout ceci peut sembler ridicule avec cet exemple, mais malheureusement cet état d'esprit structure encore tellement l'aristocratie au sens propre, confinée dans une petite portion de la capitale et qui s'imagine que la France c'est Paris, là où tout se passe et que dans le reste, la province de Brest à Nice, les gens pensent à l'identique, parlent le français avec un accent et s'ennuient les dimanches car tout est fermé et qu'il n'y a pas de théâtre. Et ceci est toujours et encore véhiculé par les médias issus des studios parisiens, tant et si bien que le moindre habitant de Paris, s'imaginera toujours supérieur en quelque chose aux autres habitants de son pays, sous le prétexte qu'ils voient les manifs sous leur balcon et que les grandes expositions ont lieu près de chez eux

Allons, soyons raisonnables et apprenons à nous connaître et à nous respecter, Parisiens et gascons, français de longue date ou non...


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